Hé ! Z'avez vu ?

Ouais, là, à droite, dans la boîte "Tim's Music" ?
Bah voilà, c'est de la musique. Je changerai régulièrement.
Histoire que vous lisiez mes conneries dans l'ambiance sonore que j'avais en l'écrivant.
Nouvelle version depuis lundi (qui démarre plus toute seule et avec plus de morceaux).

L'avis à Tim

Mardi 1 février 2005 2 01 02 2005 00:00

Aujourd'hui, j'ai commencé mon blog...

Alors voilà, donc, le grand saut, le début du commencement du frémissement de l'initiation du... bon, bref, je commence mon blog.

Depuis que j'ai compris ce que c'était qu'un blog, et aussi en partie ce que ça pouvait être, j'ai trouvé pleins de formules différentes qui correspondaient plus ou moins à l'idée que je m'en faisais.

Que se soit celui de ma soeur où elle pose des images ou dess commentaires qui la font rire et des private jokes (http://virgie04.skyblog.com/), ou ceux qui contiennent des infos, des images, des vidéos, des revendications, des chats, des chiens, des pommes, des poires et des scoubidous (wouah), de tous ceux-là, celui qui m'a le plus décidé c'est celui de Manu Larcenet (http://longueursdetemps.over-blog.com/).

Je passe sur l'avis que j'ai sur Larcenet et ce qu'il fait (résumé : ce mec est un artiste, un vrai). Sur son blog en particulier, ça ressemble beaucoup à un exutoire, et l'idée me plaît pas mal, finalement.

Et donc, depuis maintenant plusieurs jours, j'imagine tout ce que je pourrais raconter sur mon blog. Tout ce que je pourrais dire comme conneries, comme aneries, comme idée géniale, etc.. Et donc, voilà, comme dit au début, le grand saut.

Ca veut donc dire qu'à partir de maintenant, si jamais vous avez le malheur de pointer le bout de votre nez sur ce blog, je vais vous bombarder avec mes phrases à rallonge, mes questions existentielles, mes crises perpétuelles, et tout le reste.

Bon, mais venez quand même, hein !

En tout cas, ce premier article confirme au moins une chose : je suis vraiment mauvais pour les effets d'annonce et la com' !

Par Tim
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Vendredi 4 février 2005 5 04 02 2005 00:00

Avant-hier je me suis fait du mal…

 

Quelle ne fut pas ma joie de découvrir sur Internet une superbe vidéo de Keziah Jones en train de jouer « Rythm is love » dans le château de la Star Ac’ ? Ouais, alors, on va pas lancer le débat de savoir s’il a bien fait ou non d’aller jouer à la Star Ac’. Il fait ce qu’il veut, ce qu’il peut sûrement aussi, et finalement, ça me regarde pas. Et puis concernant les pauvres bougres qui se retrouvent embarqués là-dedans, encore une fois, ça les regarde et c’est pas mon problème. Tout ce que je peux dire, c’est que si ça permet de voir en direct Keziah Jones jouer de la guitare à 20 cm de toi, bah ça vaut le coup de prendre ta douche devant des millions de téléspectateurs… Enfin, ça n’engage que moi…

 

Donc, revenons à cette vidéo. J’ai lancé la bête, et là, je suis resté scotché pendant 10 minutes, n’arrivant à prononcer que des onomatopées du genre « Wouah… » au milieu de soupirs rauques… Ce mec n’est pas comme nous, ou en tout cas pas comme moi. Il était là, avec sa guitare classique (quasiment la même que moi !), et il faisait des trucs inimaginables.

 

D’abord, avec sa main gauche, il arrivait à passer des accords que j’aurais jamais imaginé voir s’enchaîner aussi vite. Je sais pas si je me fais bien comprendre, alors je vais prendre un exemple. J’ai l’œil qui me gratte, alors je me gratte l’œil avec le doigt. Si c’est mon œil et mon doigt, ça passe facile, ça va direct au bon endroit, ça dure 15 secondes et c’est réglé, on a l’impression que c’est super simple. Si c’est le doigt de quelqu’un d’autre, là, ça va vite frôler l’éborgnage pur et simple. Bah là, pareil. Ouais, c’est pas très clair. En bref, si quelqu’un essaie de passer les mêmes accords que Keziah aussi vite et avec autant de doigté, ça va vite tourner au massacre. Alors, en voyant cette main magique, ma première réaction fut « Enfoiré ».

 

Ensuite, la main droite. La main droite, pour les non guitariste, c’est celle qui fait vibrer les cordes. Pour les mauvais guitaristes à gros doigts comme moi, c’est déjà super compliqué de faire que les doigts touche une corde sans faire vibrer les voisines (ouais, je sais, je suis très mauvais et j’ai des très gros doigts). Et bah, là, le Keziah, lui, il s’en fout. Et vas-y que j’te fait vibrer une corde au milieu de toutes les autres uniquement en tapant dessus avec la paume de la main, et vas-y que j’tape sur la caisse de la guitare pour faire le rythme, et vas-y qu’en même temps je joue les accords au bon moment, et on dirait qu’ils sont 25 Gipsy Kings en train de jouer le morceau. Mais non, il est tout seul et il joue seulement avec 2 mains et 10 doigts. Ma réaction devant cette deuxième main fut « Enfoiré ». Oui, deux fois « Enfoiré », je suis très mal poli comme garçon.

 

Alors, je me suis dit que ça avait quand même l’air super simple. Et pis finalement, il avait la même guitare que moi, l’autre, là. Alors, le soir, première chose que je fais en rentrant chez moi, c’est de m’y essayer. Je prends ma guitare, je me mets en place, et là, moment magique ! Ca a vite tourné au massacre collectif : mes mains, mes cordes, ma guitare, mes oreilles, mes voisins, et surtout mon amour-propre. Oh oui, surtout lui.

Alors bon, voilà. Donc, ça m’a au moins convaincu qu’il fallait pas que je me lance tout de suite dans la musique. Et puis aussi qu’il allait falloir que je travaille un peu ma guitare parce que je n’ai finalement aucun talent inné… Pfff, trop nul moi…

Par Tim
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Vendredi 4 février 2005 5 04 02 2005 00:00

Aujourd’hui, les chercheurs ont manifesté… Pourquoi ?

 

En 2004, plusieurs facteurs déclenchants ont fait que le malaise général qui était de mise dans la recherche depuis quelques années a laissé place à une grogne bien réelle et organisée. Ca a été le début du mouvement « Sauvons la Recherche ». Suite aux manifestations, et malgré les essais de minimisation du mouvement par certains, la majorité des directeurs de laboratoire de France ont officiellement donné leur démission, partant du principe qu’ils ne pouvaient plus travailler dans des conditions pareilles. Ce mouvement général et surtout bien réfléchi et organisé a permis de faire que le gouvernement décide de laisser une chance aux chercheurs de prendre leur destin en main et de donner leur avis sur l’avenir de la recherche française et sur les orientations à lui donner.

Une organisation basée sur des Comités Locaux d’Etats Généraux (CloEG) a permis d’écrire un rapport résumant les propositions des chercheurs pour orienter la recherche et pour lui permettre au moins de survivre, au mieux de se développer.

Suite à ces propositions, le gouvernement a travaillé sur un projet de loi appelé Loi d’Orientation et de Programmation de la Recherche et de l’Innovation (LOPRI). Bizarrement, une version confidentielle de ce texte a « fuité » du ministère en janvier 2005. C’est apparemment une technique souvent utilisée par le gouvernement pour tester les réactions de l’opinion sur un texte. Si personne ne réagit, ils peuvent considérer que le texte est acceptable en l’état. Dans le cas contraire, ils ont une idée des points qui posent le plus de problèmes et peuvent rectifier le tir s’ils le juge nécessaire.

Le texte de la LOPRI est tout simplement inacceptable. Je ne suis pas ici pour faire de la politique. Certes, c’est mon blog et mes idées n’engagent que moi. Mais je ne veux pas rentrer dans des débats idéologiques complètement inutiles. La seule chose qui m’intéresse est de discuter ici de la LOPRI et de ce qu’elle contient.

Cette loi va complètement à contre-courant de tout ce qui avait été jugé comme nécessaire ou souhaitable par les Etats Généraux. Le financement de la recherche en France, même s’il est prévu qu’il soit augmenté, va se diriger principalement vers la recherche privée. Le terme d’Innovation est retrouvé un peu partout dans le texte. Si celui-ci est plutôt positif en lui-même, il représente souvent en fait dans le projet de loi les avancées technologiques concrètes que pourront faire les entreprises. Il est dit que la recherche se doit de progresser avec pour objectif direct l’innovation. C’est laisser de côté toute la partie de la recherche française qui s’intéresse aux problèmes fondamentaux dans tous les domaines ou qui ne permet pas de déposer directement des brevets. Faut-il rappeler que la recherche dite appliquée se nourrit constamment et souvent uniquement des progrès de la recherche dite fondamentale ?

La recherche ne peut et ne doit pas, à mon avis, se satisfaire de réflexions à court terme. Penser uniquement aux bénéfices ou aux problèmes sur 1 ou 2 ans ne permet que de développer des thématiques sûres, qui donneront des résultats immédiats et sans risques. Adieu à toutes les nouvelles thématiques, souvent prometteuse mais toujours très risquées. Penser sur le long terme, c’est se laisser le temps de se tromper, d’essayer, de changer d’optique. La LOPRI part dans le sens contraire en transformant les crédits alloués à la recherche en réponses à des appels d’offres ciblées. Appels d’offres qui sont de plus créées et gérées par un organisme où les membres seront tous nommés (aucun élu), dont la moitié par le gouvernement. Voilà bien la meilleure preuve que le gouvernement souhaite mettre en place un pilotage des thèmes de recherche. Cela est aussi développé par le fait que les entreprises privées seront encouragées par des remises d’impôts à donner directement des financements à des laboratoires, qui devront se débrouiller le plus possible avec ce type de financement, les crédits de base de l’Etat étant diminués.

Concernant le nombre de postes et les salaires, aucune valorisation significative. Au contraire, en 2005, les chercheurs du CNRS ont vu leur salaire net diminuer ! Les charges ont augmenté et l’augmentation de leur salaire brut a uniquement suivi la valeur légale minimale.

Ceci ne représente qu’une partie des problèmes. Je ne suis encore une fois pas ici pour faire des procès d’intention. Beaucoup reprochent aux mouvements de protestation actuels de se baser sur une hypothétique mauvaise volonté du gouvernement. Il est vrai qu’avec l’organisation qui est prévue dans la LOPRI, si un gouvernement veut transformer la recherche française en outil au service d’entreprises privées, tout sera possible et immédiatement. Mais je pense qu’on n’en est même pas là. On ne peut même pas discuter des problèmes qu’il y aurait un jour si le gouvernement le décidait. On en est aujourd’hui à des problèmes bien concrets, bien réels, qui vont faire que la situation prévue par la LOPRI sera pire qu’avant les manifestations de 2004.

 

Je suis conscient qu’être thésard et travailler dans un laboratoire de recherche publique est une chance énorme. Que j’ai un contrat de 3 ans avec un salaire des plus honnêtes, pour travailler tous les jours sur un sujet qui m’intéresse et qui me passionne. Je sais tout ça. Mais je sais aussi qu’un pays qui oublie que la recherche est vitale pour le développement social, économique, écologique et humain est un pays qui signe la fin de son indépendance à court terme. Et qu’un pays qui refuse de voir la recherche autrement qu’à travers l’innovation et la valorisation directe et à court terme est un pays qui va vite devoir utiliser les avancées scientifiques de ses voisins qui auront réussi à garder une recherche indépendante et réfléchie.

 

Je ne demande pas à qui que se soit d’être complètement d’accord avec moi. Je ne suis moi-même pas d’accord avec tous ceux qui ont défilé dans la manifestation d’aujourd’hui. Mais je pense que le mouvement Sauvons la Recherche brille au moins par le fait qu’il n’a jamais voulu s’impliquer politiquement. Je vous encourage tous vivement à aller sur leur site (http://recherche-en-danger.apinc.org/) pour y lire l’appel et signer la pétition si vous vous y retrouvez.

Merci d’avance.

 

Par Tim
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